Suivi à distance des patients atteints d’insuffisance cardiaque dans les zones médicalement défavorisées

Suivi à distance des patients atteints d’insuffisance cardiaque dans les zones médicalement défavorisées

L’insuffisance cardiaque est une pathologie chronique à fort impact pour la vie des patients, associée à un risque élevé d’hospitalisation et de mortalité, particulièrement dans les zones médicalement sous-dotées où l’accès aux soins spécialisés est limité. Dans ce contexte, les programmes de prise en charge à distance (remote management, RM) suscitent un intérêt croissant comme levier d’amélioration du suivi et des résultats cliniques.

L’étude Florence et al. 2026, une étude multicentrique française publiée le 19 mars 2026 a évalué l’efficacité d’un programme de télésurveillance structuré (suivi multiparamétrique, réévaluation quotidienne et gestion des épisodes d’aggravation à distance) chez 1 040 patients insuffisants cardiaques, dont 32% résidaient en zones sous-dotées médicalement. L’étude reposait sur une collecte régulière, via CareLine Solutions de données cliniques (poids, pression artérielle, fréquence cardiaque), biologiques (BNP/NT-proBNP, fonction rénale, électrolytes), de symptômes et issues de dispositifs cardiaques implantables, avec analyse centralisée par une équipe spécialisée.

Sur un suivi médian de 20 mois, le taux combiné mortalité toutes causes + hospitalisations non programmées de 13,7 % par an – similaire à l’étude HERMeS – , était nettement inférieur aux 30–40 % d’hospitalisations rapportées dans des populations comparables hors programme de télésurveillance. Surtout, sur ce critère composite aucune différence significative n’a été observée entre les patients vivant en zones médicalement sous-dotées et ceux vivant hors de ces zones dès lors qu’ils bénéficient d’un même programme structuré de télésurveillance multiparamétrique via CareLine IC. Après ajustement sur les principaux facteurs pronostiques, la résidence en zone médicalement sous-dotée n’apparaissait pas comme un facteur associé au risque d’événement.

Ces résultats montrent que les bénéfices d’un programme de télésurveillance structuré et multiparamétrique sont observés malgré un déficit de relais médical de proximité, inhérent à ces territoires, et en dépit d’un traitement de fond initialement sous-optimal (les patients issus des zones médicalement sous-dotées présentaient en effet une moindre prescription des inhibiteurs du système rénine–angiotensine–aldostérone). La surveillance rapprochée, la détection précoce des signes de décompensation et la possibilité d’ajuster rapidement les traitements semblent compenser les limitations d’accès aux soins locaux.

Au-delà de la démonstration d’efficacité, cette étude met en évidence le potentiel des solutions de télésurveillance structurée et multiparamétrique pour réduire les disparité territoriales d’accès aux soins. En apportant une expertise spécialisée à distance, ces dispositifs contribuent à sécuriser le parcours de soins des patients les plus à risque, tout en limitant le recours aux hospitalisations.

Ainsi, la prise en charge à distance par la télésurveillance s’impose comme un modèle organisationnel pertinent pour la gestion de l’insuffisance cardiaque, avec des implications importantes en termes de santé publique, d’efficience du système de soins et d’équité d’accès aux traitements.

Auteurs : Jeremy Florence, Sylvain Ploux, Clément Riocreux, Daniel Ramirez, Solenn Toupin, Théo Pezel, Guillaume Clerfond, Romain Eschalier.

L’article complet est accessible ici 

Télésurveillance de l’insuffisance cardiaque : une prise en charge renforcée au CHU de Brest

Télésurveillance de l’insuffisance cardiaque : une prise en charge renforcée au CHU de Brest

L’insuffisance cardiaque est une pathologie chronique complexe, marquée par des phases de stabilité et des épisodes de décompensation parfois brutaux. Elle nécessite un suivi étroit, réactif et coordonné entre les différents professionnels de santé.

Au sein du CHU de Brest, le Professeur Mansourati travaille en collaboration avec le Dr Ombeline Paglia, cardiologue, et Véronique Page, infirmière en pratique avancée (IPA) spécialisée en insuffisance cardiaque, ils ont intégré depuis plusieurs années la télésurveillance dans leur organisation de soins. Elles mettent en lumière l’intérêt majeur de cette approche pour améliorer la prise en charge des patients au long cours.

Anticiper plutôt que subir les décompensations cardiaques

L’un des principaux bénéfices de la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque réside dans la capacité à détecter précocement les signes annonciateurs d’une décompensation. La prise de poids rapide, l’apparition d’une asthénie, une baisse de la tension artérielle ou encore des symptômes fonctionnels discrets peuvent être repérés avant que la situation ne devienne critique.

Grâce à un suivi quotidien des données transmises par les patients, l’équipe soignante dispose d’un « regard continu » sur l’évolution clinique. Comme l’explique Véronique Page : “ Les signaux sont parfois faibles, mais leur analyse dans le temps permet d’anticiper et d’agir plus tôt : adaptation des traitements à domicile, appel téléphonique pour évaluer la situation réelle du patient, ou organisation rapide d’une hospitalisation programmée lorsque cela est nécessaire.

Ombeline Paglia acquiesce : “Cette anticipation change profondément la trajectoire de soins : on évite d’attendre plusieurs semaines une aggravation majeure, et surtout, on limite le recours aux urgences. Les patients connus peuvent être admis directement en cardiologie, dans de meilleures conditions, à un stade plus précoce de la décompensation.

La télésurveillance du CHU de Brest est basée sur une organisation qui favorise l’orientation optimale du patient, en l’inscrivant dans un parcours de soins hospitalier plus fluide et efficace.

Un bénéfice clinique et organisationnel

La télésurveillance ne se résume pas à une simple collecte de données. Elle s’intègre dans une organisation structurée, reposant sur un rôle central : celui de l’infirmière (IDE, IPA ou ISPIC). Ombeline Paglia explique : “ À Brest, nous avons fait le choix que ce soit notre infirmière internalisée qui assure le télésuivi. Elle connaît les patients, leur histoire, leurs fragilités, mais aussi les médecins, les circuits d’hospitalisation et les ressources du territoire ce qui lui permet d’agir vite et de façon pertinente. Pour nous, c’est fondamental que ce soit une infirmière du service qui gère la télésurveillance des patients atteints d’insuffisance cardiaques.

Véronique Page explique son quotidien : “J’assure le tri, l’interprétation et la priorisation des alertes. J’évalue notamment leur pertinence, contacte le patient si besoin, renforce l’éducation thérapeutique et travaille en étroite collaboration avec les cardiologues pour la prise de décision. Cette proximité est essentielle : elle permet une réactivité accrue et une prise en charge réellement personnalisée, loin d’une gestion externalisée et standardisée des alertes.”

Du point de vue médical, cette organisation favorise une meilleure continuité des soins entre la ville et l’hôpital. Les échanges avec les médecins traitants, les infirmières libérales ou les autres IPA du territoire sont facilités. La télésurveillance devient alors un outil au service d’un parcours coordonné.

CareLine Solutions au coeur de la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque

Le CHU de Brest utilise parmi ses solutions la plateforme CareLine Solutions pour assurer la télésurveillance de ses patients atteints d’insuffisance cardiaque. La solution centralise, chaque jour, les données du patient (poids, symptômes, constantes..) et émet des alertes de manière structurée permettant d’identifier rapidement les situations à risque.

Pour Véronique Page, l’intérêt de Careline Solutions réside dans sa capacité à soutenir le travail clinique sans s’y substituer : « La plateforme nous aide à avoir une vision globale et à prioriser les alertes, mais elle ne remplace jamais l’analyse clinique ni l’échange téléphonique avec le patient. Les données prennent tout leur sens quand elles sont remises dans le contexte. »

La simplicité des objets connectés et des applicatifs proposés est également un atout majeur pour l’adhésion des patients. Les balances connectées, qui transmettent automatiquement les données sans manipulation complexe, facilitent l’utilisation au quotidien, en particulier chez les patients âgés ou peu à l’aise avec le numérique. Comme le souligne Ombeline Paglia : « Plus le dispositif est simple, plus les patients l’utilisent correctement. Pour certains, le fait de juste devoir monter sur une balance sans avoir à gérer une application est déterminant. »

À l’inverse, pour des patients plus à l’aise avec le numérique et qui comprennent bien leur maladie, l’utilisation du smartphone fourni par CareLine Solutions est tout à fait adaptée. “Il permet un suivi plus interactif et renforce l’implication du patient dans sa prise en charge.” précise Véronique Page.

Cette diversité de modalités d’équipements des patients constitue un véritable atout : elle permet d’adapter la solution au profil, aux capacités et aux préférences de chaque patient, condition essentielle à l’efficacité de la télésurveillance sur le long terme.

Une expérience rassurante pour les patients

Pour les patients, la télésurveillance apporte un sentiment de sécurité important. Savoir que leurs données sont suivies régulièrement, qu’un professionnel les connaît et les appellera en cas de problème, est particulièrement rassurant, notamment pour ceux qui vivent loin de l’hôpital ou qui ont déjà connu des hospitalisations répétées.

De nombreux patients deviennent plus acteurs de leur maladie : ils comprennent mieux les signes d’alerte, adhèrent davantage au traitement et aux règles hygiéno-diététiques, et s’inscrivent dans une relation de confiance avec l’équipe soignante. Cette relation humaine est primordiale ” souligne Véronique Page

Cardiologie : « On ne peut pas sérieusement prendre en charge l’insuffisance cardiaque sans télésurveillance »

Cardiologie : « On ne peut pas sérieusement prendre en charge l’insuffisance cardiaque sans télésurveillance »

Interview du Dr Clément Riocreux, cardiologue au CHU de Clermont-Ferrand

L’insuffisance cardiaque reste aujourd’hui l’une des premières causes d’hospitalisation non programmée chez les personnes de plus de 65 ans. Pourtant, elle demeure largement méconnue du grand public et encore insuffisamment structurée dans le système de soins.

Au CHU de Clermont-Ferrand, le Dr Clément Riocreux pilote une organisation pionnière de télésurveillance, héritée de plus de dix ans d’expérimentations. Il défend une approche exigeante, profondément humaine, et assume une vision engagée : sans télésurveillance structurée, la prise en charge de l’insuffisance cardiaque n’est pas optimale.

Comment qualifieriez-vous aujourd’hui la prise en charge de l’insuffisance cardiaque en France ?

Je fais souvent un parallèle avec le cancer. L’insuffisance cardiaque est une maladie au moins aussi grave, avec un impact majeur sur la mortalité et la qualité de vie, et pourtant elle n’a pas du tout la même reconnaissance sociétale.

La société reconnaît la gravité et les implications d’un cancer. Quand on annonce un cancer à un patient, celui-ci saisit la plupart du temps ce qui est inscrit dans ce terme. Quand on parle d’insuffisance cardiaque, le terme reste flou, presque banal. Y compris chez certains professionnels de santé ou entourage, qui considèrent encore cette maladie comme une conséquence “logique” du vieillissement, ce qui est totalement faux.

Nous avons eu en France des Plans Cancer qui ont permis de structurer des parcours de soins exemplaires et d’améliorer drastiquement la prise en charge en oncologie. Ce que nous demandons aujourd’hui, ce n’est pas de retirer des moyens à ces dispositifs, mais d’avoir également en cardiologie un Plan Insuffisance Cardiaque, à la hauteur des enjeux.

Pourquoi l’insuffisance cardiaque est-elle si difficile à détecter et à prendre en charge précocement ?

Le premier problème, ce sont les symptômes. Fatigue, essoufflement, prise de poids… ce sont des signes très peu spécifiques, souvent banalisés, surtout chez les personnes âgées. Résultat : la maladie est diagnostiquée tardivement.

A nouveau dans la lutte contre le cancer, on ne se contente pas d’attendre les symptômes. On dépiste. Et on traite même si possible avant que les symptômes ne s’expriment. L’insuffisance cardiaque mériterait à mon sens exactement la même logique: un dépistage chez les populations à risque et un traitement précoce avant que les ennuis commencent. Et ces moyens de dépistage sont simples, sans risque, acceptables et plus faciles qu’une coloscopie ou une mammographie.

Le second enjeu, c’est l’accès à l’expertise. Nous faisons face à une pénurie historique de cardiologues par nombre d’habitants, qui va durer au moins jusqu’en 2035. Même lorsqu’un patient est identifié, il est très difficile de le suivre de manière optimale. Un suivi cardiologique expert très régulier est plus pertinent chez ces patients porteurs d’insuffisance cardiaque que pour des bilans “systématiques” trop souvent effectués où notre plus-value est moins certaine. Nous devons optimiser notre temps médical.

Est-ce dans ce contexte que la télésurveillance a émergé avec Cardiauvergne ?

Oui, très clairement. À l’origine, la démarche est avant tout géographique et démographique. En Auvergne, beaucoup de patients vivent loin des structures de soins, sont âgés, parfois isolés, et peu enclins à se déplacer.

L’idée fondatrice se résume simplement : si les patients ne peuvent pas venir au système de soins, alors le système de soins doit pouvoir venir chez eux.

La télésurveillance de l’insuffisance cardiaque est souvent perçue comme quelque chose de virtuel. En réalité, c’est extrêmement concret. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, les patients ont plus souvent de contact avec le système de soin quand ils sont télésurveillés que lorsqu’ils ne le sont pas.

Quels sont, selon vous, les principaux bénéfices de la télésurveillance en insuffisance cardiaque ?

J’identifie trois impacts majeurs.

Le premier, c’est la prévention des hospitalisations. L’insuffisance cardiaque est la première cause d’hospitalisation non programmée après 65 ans. En détectant précocement les décompensations ou signes d’aggravation, on peut agir avant que la situation ne devienne critique et ne nécessite une hospitalisation, souvent longue, éprouvante pour le patient et coûteuse pour la société. Chaque hospitalisation aggrave le pronostic et l’évolution de la maladie.

Le deuxième, c’est l’amélioration du parcours de soins. Quand un patient a besoin d’être réévalué, il l’est au bon moment, pas un mois trop tard. Et lorsqu’une hospitalisation est nécessaire, elle est anticipée, organisée, sans passage inutile par les urgences ou par le SAMU. Nous connaissons les patients, nous connaissons leur pathologie, nous recueillons les signes et symptômes d’alerte : il ne devrait donc pas y avoir besoin de recourir aux services d’urgence pour les prendre en charge.

Enfin, le troisième point – souvent sous-estimé – c’est l’optimisation des traitements. Les médicaments de l’insuffisance cardiaque sont efficaces et bien tolérés, mais nécessitent une surveillance et une augmentation progressive de leur dosage pour exploiter tout leur potentiel. Historiquement, ces optimisations n’ont pas eu lieu ou alors trop faiblement par rapport aux enjeux, contribuant à la gravité du pronostic, pour diverses raisons : exagérations des risques, croyances personnelles, manque de temps et de compétences, manque de créneau de consultation. Cela s’améliore cependant depuis quelques années. Les paramètres mesurés en consultation, nécessaires à cette optimisation, ne reflètent pas la réalité du quotidien du patient. La télésurveillance permet donc d’ajuster les traitements sur la base des données de la “vraie vie” du patient : on parle alors de télétitration. Les données scientifiques commencent à sortir pour favoriser cela. J’en suis personnellement convaincu.

Votre organisation repose sur une équipe dédiée. Est-ce indispensable selon vous ?

C’est ce dont je crois. La télésurveillance ne peut pas être un “à-côté”, géré en fin de journée quand il reste un peu de temps. Chez nous, parce que nous sommes un CHU, nous avons une cellule dédiée de 3 personnes qui assurent cette mission, formées, expérimentées, présentes à temps plein. Elles gèrent aujourd’hui plus de 420 patients, avec une centaine d’alertes par jour. J’ai conscience de la chance que nous avons mais ce n’est pas excessif encore une fois compte tenu de l’enjeu.

Faire de la télésurveillance sérieusement nécessite du temps, du personnel, des compétences spécifiques et une véritable organisation.

Aujourd’hui, la télésurveillance est réglementairement réservée aux médecins cardiologues et aux infirmiers. Ce cadre vous semble-t-il adapté aux besoins du terrain ?

Pas totalement. À mon sens, cette activité ne devrait pas être réservée à un métier, mais ouverte à tout professionnel de santé formé à l’insuffisance cardiaque, dès lors qu’il est intégré dans une organisation structurée et encadrée médicalement. Cela pourrait inclure d’autres profils paramédicaux, voire certains professionnels du médico-social ou des assistants de régulation médicale (ARM) à l’instar du SAMU, capable de conseiller et de déceler les anomalies à distance. Nul besoin de savoir manier un stéthoscope ou de savoir poser une perfusion pour être à l’écoute, rassurer et prendre soin.

Évidemment, cela suppose un cadre clair : de la formation, de l’expérience, des protocoles, et un recours médical identifié. Mais si l’on veut réellement développer la télésurveillance à grande échelle, il faudra sortir d’une vision trop restrictive des rôles et reconnaître les compétences là où elles existent, souvent dans ce domaine, hors du cercle médical.

La télésurveillance va-t-elle au-delà d’un simple suivi du poids ?

Heureusement, oui. Une télésurveillance efficace repose sur une approche multiparamétrique : poids, symptômes, tension, fréquence cardiaque, examens biologiques, échanges réguliers avec le patient. Il ne faudrait pas prétendre, dans une maladie si difficile à cerner, qu’un seul marqueur suffise ! Du reste, ce n’est pas ce que nous faisons en consultation : nous nous servons d’un faisceau d’examens, de données et d’arguments pour prendre une décision. Pourquoi ferions-nous cela à distance ?!
Mais surtout, il ne suffit pas de collecter des données. Il faut être en capacité d’y réagir. La donnée recueillie sans organisation humaine derrière n’a aucun sens.

Nous défendons une télésurveillance humaine active et proactive : appeler un patient même quand tout va bien, anticiper une prise de sang, ajuster un traitement avant l’apparition des symptômes, vérifier l’adhésion et les suivi médical, juste rassurer. C’est cette proactivité qui change réellement la donne : elle évite les hospitalisations et assure un meilleur suivi.

Avez-vous observé un impact sur les réhospitalisations ?

De manière empirique, pour notre centre, oui. Des analyses récentes en Espagne ont montré des taux de réhospitalisation significativement plus faibles chez les patients télésurveillés*. À l’échelle de notre établissement, nos taux de réhospitalisations sont inférieurs à la moyenne régionale, possiblement grâce à cela. Le problème reste que la découverte de la maladie est souvent réalisée précisément lors de la première hospitalisation, qui échappe de fait à notre télésurveillance.

Mais produire des preuves scientifiques robustes est complexe. Les études randomisées sont difficiles à concevoir dans ce contexte, et prennent des années. Pour autant, le risque de la télésurveillance est quasi nul pour le patient. Le véritable enjeu aujourd’hui est d’évaluer son rapport coût-efficacité à l’échelle du système de santé, car la balance bénéfice-risque est établie.

Quand avez-vous choisi de vous lancer dans la télésurveillance avec CareLine Solutions ?

Pour être très transparent, je ne l’ai pas choisi : j’en ai hérité. En revanche, avec le recul, si j’avais eu à choisir une solution de télésurveillance, j’aurais opté pour une solution qui coche au minimum ce que propose CareLine Solutions, car elle correspond à la vision que j’ai de la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque.

D’abord, parce que CareLine Solutions est une entreprise entièrement dédiée à la télésurveillance (ndlr : CareLine IC est un Dispositif Médical numérique certifié IIa). Cette spécialisation est essentielle pour répondre aux exigences médicales, réglementaires et organisationnelles de ce type de prise en charge.

Ensuite, parce que la plateforme permet un suivi multiparamétrique et personnalisable, adapté aussi bien à des patients simples qu’à des situations cliniques complexes. C’est un prérequis pour pouvoir réellement optimiser les traitements et anticiper les décompensations.

Enfin, et c’est un point fondamental pour moi, CareLine nous permet de conserver la maîtrise complète de la gestion des alertes. Nous avons choisi que toutes les alertes remontent vers notre équipe, et ce sont les professionnels qui connaissent les patients qui prennent les décisions. Je ne crois pas à une télésurveillance où les alertes seraient traitées par des équipes externalisées, éloignées du terrain ou du contexte clinique du patient.

Comment voyez-vous l’avenir de la télésurveillance dans les prochaines années ?

Mon souhait, c’est que tous les services de cardiologie disposent d’un dispositif de télésurveillance, même partiel. On ne peut plus sérieusement prendre en charge l’insuffisance cardiaque sans cela et l’enjeu est trop important : tout le monde doit faire sa part.

Il faudra aussi harmoniser les pratiques : définir des critères communs, des niveaux de télésurveillance, des paramètres à remonter, des exigences minimales en termes d’organisation et de ressources humaines.

Enfin, il faudra réfléchir à la technologie avec pragmatisme : trouver le juste équilibre entre sophistication, simplicité d’usage, coût et impact environnemental. Mais quoi qu’il arrive, une chose ne changera pas : sans humains formés et impliqués, la télésurveillance telle que je la conçois n’a aucun avenir.

Un dernier mot sur le développement fulgurant de l’intelligence artificielle ?

Je suis volontairement dissonant sur ce sujet. Je ne crois pas que nous manquions aujourd’hui d’algorithmes dans l’insuffisance cardiaque. Nous manquons d’humains pour les appliquer.

Dans la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque, je ne vois pas la plus-value d’une intelligence artificielle qui remplacerait des professionnels. Ce que je veux, c’est plus de temps médical, administratif et paramédical, pas moins. L’intelligence naturelle fonctionne déjà très bien, à condition de lui en donner les moyens. Du reste, la démonstration d’un bénéfice doit être déjà faite dans cette configuration humaine avant de prétendre, basé sur un postulat que je ne saisis pas, que l’IA ferait mieux. Cela peut paraître “vieux jeu”, mais je pense que nous devons présenter la même rigueur de démonstration scientifique avant d’appliquer un nouveau processus artificiel, qui, nous le savons, présente des inconvénients et impacts négatifs certains, y compris pour la santé.

* Yun S, Comín-Colet J, Calero-Molina E, et al – Evaluation of mobile health technology combining telemonitoring and teleintervention versus usual care in vulnerable-phase heart failure management (HERMeS): a multicentre, randomised controlled trial. Lancet Digit Health. 2025;7(5):100866

CareLine Solutions présent aux JESFC 2026

CareLine Solutions présent aux JESFC 2026

CareLine Solutions participera aux 36ᵉ Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie (JESFC), qui se dérouleront du 14 au 16 janvier 2026 au Palais des Congrès de Paris. Nos équipes auront le plaisir de vous accueillir sur le stand de Medtronic, notre partenaire stratégique depuis 2021. Grâce à une collaboration étroite, les données des prothèses cardiaques Medtronic sont automatiquement importées dans la plateforme CareLine IC permettant une surveillance à distance des patients insuffisants cardiaques toujours plus optimisée.

 

Un rendez-vous incontournable de la cardiologie européenne

Les JESFC constituent chaque année un temps fort pour l’ensemble de la communauté de cardiologie : professionnels de santé, chercheurs, industriels et acteurs de l’innovation s’y retrouvent pour partager les avancées scientifiques, technologiques et organisationnelles du secteur.

L’édition 2026 place la prévention cardiovasculaire au cœur des débats, un enjeu majeur pour améliorer durablement la prise en charge des patients, réduire les risques cardiovasculaires et optimiser les parcours de soins.

 

Des échanges autour de la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque, solution concrète et innovante

Pendant ces trois journées, les équipes de CareLine Solutions seront disponibles pour échanger avec les participants autour de notre solution dédiée :

 

    • au suivi à distance des patients,

    • à la télésurveillance personnalisée en fonction de la situation clinique,

    • et à l’optimisation de la prise en charge dans une logique de prévention et de coordination des soins.

Ces moments d’échange seront l’occasion de partager notre vision, nos retours d’expérience terrain et notre engagement en faveur d’une cardiologie plus préventive, connectée et centrée sur le patient.

Informations pratiques

📅 : 14 au 16 janvier 2026
📍 : Palais des Congrès de Paris
🤝 Stand : Medtronic

 

Nous remercions chaleureusement Medtronic pour son accueil sur son stand et pour cette collaboration.

👉 Vous souhaitez nous rencontrer ? N’hésitez pas à remplir notre formulaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au CHU de Toulouse, CareLine Solutions fait la différence dans la télésurveillance cardiaque

Au CHU de Toulouse, CareLine Solutions fait la différence dans la télésurveillance cardiaque

Depuis octobre 2022, l’infirmière spécialisée Ghislaine Galtier, qui fait partie de l’équipe du Pr Michel Galinier, utilise CareLine Solutions pour le suivi des patients insuffisants cardiaques au CHU de Toulouse. Dès le début, elle a été marquée par la solidité de l’outil : « Pour moi, c’est la plateforme la plus fiable pour la surveillance des patients » affirme-t-elle sans hésitation.

Une solution paramétrable et pensée pour la réalité clinique

Ghislaine Galtier met en avant la fiabilité de CareLine Solutions qui, selon elle, repose notamment sur un algorithme réactif qui ne laisse rien passer : « Grâce à la plateforme de télésurveillance de l’insuffisance cardiaque CareLine Solutions, on ne passe pas à côté des signaux essentiels. Les variations de poids ou les changements de tension sont détectés immédiatement, parfois avant même que le patient ne s’en rende compte. Cette précision m’a permis, plus d’une fois, d’intervenir tôt et ainsi d’éviter une dégradation ou même une hospitalisation en urgence.»

Un autre des aspects essentiels pour Ghislaine Galtier est la capacité de CareLine Solutions à s’adapter aux besoins de chaque patient. Elle explique : « Les réglages standards sont déjà pertinents mais on peut jouer sur les curseurs et adapter les réglages des paramètres en fonction des patients. Cette possibilité de personnaliser de manière fine les seuils, notamment pour nos patients ayant une tension très basse ou présentant des rythmes cardiaques particuliers, évite les alertes inutiles tout en conservant un haut niveau de télésurveillance. »

D’autres fonctionnalités lui paraissent également indispensables au quotidien. Les bilans biologiques, par exemple, remontent automatiquement dans la plateforme : « Ce sont les seuls à proposer cette option de manière intégrée à la gestion des alertes et des courbes de tendance. En pratique, on reçoit une alerte pour nous dire que la biologie est arrivée, et même une sous-alerte si un marqueur est hors des normes. C’est vraiment pratique et essentiel pour une prise en charge patient de qualité. » insiste-t-elle, encore étonnée de ne plus avoir à solliciter les laboratoires pour obtenir les résultats essentiels

Autre élément qu’elle juge déterminant : les rappels intégrés pour suivre une optimisation thérapeutique. « J’ai choisi que 72 heures après, une alerte remonte pour me rappeler de vérifier ce patient. Je crois que CareLine Solutions est la seule à proposer cette fonction et c’est vraiment idéal, ça m’évite de dépendre d’un carnet ou d’un système externe d’alertes et donc d’oublier une vérification importante. » explique-t-elle.

Une plateforme de télésurveillance fiable et ergonomique au service du suivi quotidien

L’ergonomie de la plateforme joue également un rôle clé dans son adoption. Ghislaine Galtier apprécie cette interface qui facilite sa lecture et allège sa charge mentale quotidienne:  « La plateforme est très claire d’utilisation, ergonomique, fluide et simple, mais très complète. Elle permet d’accéder rapidement à l’historique des patients, aux documents utiles et aux graphiques dont les tracés sont toujours très fins. »

La variété du matériel proposé permet d’ajuster l’équipement au profil du patient : « La dernière solution où on remet juste une balance connectée Withings, sans smartphone, est vraiment très bien notamment pour les personnes âgées ou peu à l’aise avec les outils numériques. Les données de poids sont automatiquement transmises sur plateforme CareLine ». 

CareLine Solutions propose également des supports pédagogiques prêts à l’emploi : livrets, fiches et documents imprimables, qu’elle peut transmettre facilement aux patients. Un accompagnement qu’elle apprécie car ils aident à renforcer l’autonomie et la compréhension du traitement.

Au fil des utilisations, elle voit l’impact concret sur les patients. Beaucoup vivent la télésurveillance comme un filet de sécurité. « Ils me disent : je savais que vous alliez m’appeler » confie-t-elle, amusée par cette habitude qu’ont les patients de compter sur les alertes et sur l’accompagnement à distance. 

Une équipe CareLine toujours à l’écoute, réactive et impliquée

Au-delà de la technologie, ce qui marque profondément Ghislaine Galtier, c’est la relation avec l’équipe CareLine : « J’ai toujours une réponse très rapide, presque dans l’heure, qu’il s’agisse d’une demande technique, d’une question clinique ou matériel ». Cette réactivité se retrouve également dans la gestion du matériel « Quand j’ai besoin d’équipements, c’est toujours traité dans la journée et on le reçoit extrêmement rapidement.  » rapporte-t-elle, encore impressionnée par la rapidité d’exécution.
Elle souligne aussi la qualité des échanges, qu’elle décrit comme fluides, transparents et constructifs : « Je parle très ouvertement avec eux, notamment avec Thierry Poux, mon interlocuteur direct, avec qui j’ai une vraie relation de confiance. Ça me permet de faire remonter mes besoins sans filtre et de voir la solution évoluer concrètement au fil des semaines. Ce lien permanent avec l’équipe CareLine Solutions contribue directement à l’évolution positive et continue de la solution. »