Innover autour de la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque : le Kit Patient et la nouvelle application mobile

Innover autour de la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque : le Kit Patient et la nouvelle application mobile

Faire évoluer la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque, c’est avant tout rendre le quotidien plus simple pour les patients comme pour les soignants. Dans cette dynamique et en accord avec les précieux retours de nos clients-utilisateurs, CareLine Solutions enrichit son offre en 2026 avec deux innovations majeures : des Kits Patient, prêts à l’emploi et une application mobile pour les patients entièrement optimisée.

Pensées pour optimiser les parcours de soins, améliorer l’expérience des professionnels de santé et faciliter l’usage de la télésurveillance au quotidien, ces évolutions marquent une nouvelle étape vers un suivi à distance toujours plus fluide et efficace.

Les Kits Patients : prêts à emporter, à utiliser et à renvoyer

 

Afin d’optimiser la gestion du matériel CareLine et faciliter une télésurveillance personnalisable nous avons développé deux Kits Patients qui contiennent le matériel spécifiquement adapté à la télésurveillance des patients insuffisants cardiaques en fonction de leurs besoins cliniques : 

  • Le Kit + : pour un suivi multiparamétrique qui intègre la balance Bluetooth, le smartphone avec la nouvelle App Mobile CareLine V3 et en option le tensiomètre.
  • Le Kit « simple » : pour un suivi du poids uniquement qui intègre la balance Bluetooth seule ou la balance 4G connectée seule.
  • Un guide d’utilisation pédagogique, il explique pas à pas  les différentes options d’usage des objets connectés.

Ces kits seront livrés aux centres en étant déjà pré-configurés. L’équipe de soins devra simplement les remettre à ses patients au moment de son inclusion en télésurveillance. 

La gestion des retours et reconditionnements est désormais entre les mains de l’équipe CareLine :  à la fin de sa télésurveillance, le patient n’a plus qu’à remettre le matériel prêté dans son Kit, bien scotché, et le porter au bureau de poste le plus proche. Le bon retour est déjà collé sur son kit.

 

La nouvelle application patient : un nouveau design pour une expérience patient améliorée

 

L’amélioration de l’expérience patient est indispensable pour une télésurveillance efficace, et favoriser ainsi une meilleure utilisation des dispositifs mis à disposition.

Une expérience patient plus pédagogique : le design ainsi que le parcours utilisateur de l’application utilisée par les patients ont été améliorés grâce aux retours de nos utilisateurs . Objectif : proposer une expérience plus intuitive, plus compréhensible et favoriser ainsi une transmission plus régulière des données cliniques. 

Pour en savoir davantage sur ces nouveautés, un webinaire de présentation reservé à nos utilisatrices/teurs  “Café CareLine” est organisé le mardi 30 juin 2026, de 12h30 à 13h30. Pour vous inscrire, cliquez ici.

Télésurveillance de l’insuffisance cardiaque : définition et cadre réglementaire

Télésurveillance de l’insuffisance cardiaque : définition et cadre réglementaire

La télésurveillance médicale s’impose aujourd’hui comme un levier majeur d’amélioration du suivi des patients atteints de pathologies chroniques. Parmi ses applications, la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque occupe une place centrale.

L’insuffisance cardiaque est aujourd’hui la première cause d’hospitalisation chez les plus de 65 ans. Face à ce constat, les solutions de télésurveillance offrent une vraie réponse en permettant d’anticiper les décompensations, de réduire les hospitalisations non programmées et d’améliorer significativement la qualité de vie et l’autonomie des patients. [1]

Qu’est-ce que la télésurveillance médicale ?

La télésurveillance médicale est une pratique de télémédecine définie par le Code de la santé publique. Elle permet à un professionnel de santé d’interpréter à distance des données de santé collectées sur le lieu de vie du patient à l’aide d’un dispositif médical numérique.

Concrètement, dans le cadre de la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque les données physiologiques :
– poids quotidien (obligatoire)
– symptômes quotidiens (recommandés)
– pression artérielle, fréquence cardiaque, SOP2, biologie.. (selon les solutions)
sont transmises via des objets connectés vers une plateforme sécurisée. Elles sont ensuite analysées par une équipe médicale qui peut intervenir en cas d’alerte.

La télésurveillance repose sur trois piliers :

  • La collecte fiable des données via des dispositifs certifiés,
  • La transmission sécurisée des informations,
  • L’interprétation médicale structurée avec protocoles d’intervention.

Cadre réglementaire de la télésurveillance en France

La télésurveillance médicale est strictement encadrée pour garantir la sécurité des patients et la qualité des soins.

1. Un acte de télémédecine reconnu

Depuis la loi HPST et les évolutions réglementaires successives, la télésurveillance est maintenant reconnue comme un acte médical à part entière. Elle s’inscrit dans le cadre de la télémédecine et peut être prise en charge par la sécurité sociale sous certaines conditions (notamment via le dispositif de droit commun mis en place après l’expérimentation ETAPES).

Elle implique :

  • L’intervention d’un professionnel de santé identifié,
  • Un protocole médical validé,
  • Une organisation garantissant la continuité du suivi.

2. Protection des données de santé

Les données collectées dans le cadre d’une télésurveillance sont des données de santé à caractère personnel, considérées comme sensibles au sens du RGPD.
Les obligations incluent :

  • Hébergement des données chez un hébergeur certifié HDS (Hébergement de Données de Santé),
  • Sécurisation des accès et traçabilité,
  • Consentement éclairé du patient,

3. Dispositif médical conforme

La plateforme de télésurveillance doit être qualifiée de dispositif médical et doit ainsi respecter le règlement européen relatif aux dispositifs médicaux (MDR), obtenir le marquage CE et doit être adaptée à l’usage clinique déclaré.

La ligne générique de télésurveillance de l’insuffisance cardiaque : modalités et financement

Depuis le passage dans le droit commun en 2023, la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque est intégrée au dispositif de prise en charge de l’Assurance Maladie via des lignes génériques définies par arrêté ministériel, faisant suite à l’expérimentation ETAPES.

La ligne générique permet :
– pour l’équipe soignante : de coter un acte médical selon un barème de facturation défini par l’Assurance Maladie  et la DSS et fixé en fonction de la gravité de la pathologie du patient
– pour le patient en ALD : d’être remboursé par la Sécurité Sociale à 100%
– pour la société qui exploite le dispositif médical numérique : de facturer une prestation dont le barème est fixé par l’Assurance Maladie et la DSS, et est dépendant de  l’impact démontré pour le patient.

Elle s’applique aux patients atteints d’insuffisance cardiaque chronique répondant aux critères d’inclusion définis réglementairement c’est à dire :
– les patients ayant été hospitalisé au cours des 12 derniers mois pour une poussée d’insuffisance cardiaque
et/ou
– ceux étant actuellement en classe NYHA 2 ou plus avec un taux de peptides natriurétiques élevé (BNP supérieur à 100 pg/ml ou NT pro BNP supérieur à 1 000 pg/ml)

L’inscription d’une solution dans le cadre d’une ligne générique suppose :

  • La conformité au règlement européen relatif aux dispositifs médicaux,
  • La conformité au référentiel ANS “référentiel d’interopérabilité et de sécurité” 
  • Une déclaration auprès des autorités compétentes (ANS et DSS).

La prise en charge de la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque est accordée pour une durée initiale de 6 mois et renouvelable, après ré-évaluation médicale.

Pourquoi l’insuffisance cardiaque représente-t-elle un enjeu majeur ?

L’insuffisance cardiaque est une maladie chronique sévère qui se caractérise par une diminution de la capacité du cœur à assurer un débit sanguin suffisant pour couvrir les besoins de l’organisme.

Son évolution est marquée par des épisodes de décompensation, c’est-à-dire une aggravation brutale de l’état clinique. Ces épisodes sont souvent précédés de signaux d’alerte :

  • Une prise de poids rapide,
  • Une majoration de l’essoufflement,
  • L’apparition ou l’aggravation d’œdèmes des membres inférieurs,
  • Une fatigue inhabituelle,
  • Des variations de la tension artérielle ou du rythme cardiaque.

L’identification précoce de ces signes est déterminante pour éviter une hospitalisation en urgence. C’est précisément là que la télésurveillance prend tout son sens : elle permet de suivre, détecter et anticiper les épisodes de décompensation avant qu’ils ne nécessitent une prise en charge hospitalière.

Comment fonctionne la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque ?

La télésurveillance de l’insuffisance cardiaque permet un suivi structuré du patient à domicile.

La surveillance quotidienne du poids constitue l’élément central du télésuivi de l’insuffisance cardiaque. Elle est exigée dans le cadre des protocoles de télésurveillance validés réglementairement. En effet, une variation rapide peut traduire une rétention hydrosodée précoce et annoncer un épisode de décompensation.

Au-delà du poids, d’autres paramètres cliniques peuvent compléter la télésurveillance, en fonction de l’évaluation médicale et du profil du patient :

  • La tension artérielle,
  • L’évaluation structurée des symptômes (essoufflement, œdèmes, fatigue, gêne à l’effort),
  • La surveillance du rythme cardiaque,
  • Certaines données biologiques pertinentes
  • Les données transmises par des dispositifs cardiaques implantables 

L’intégration de ces différents paramètres permet d’obtenir une vision globale et dynamique de l’état du patient. Leur suivi est défini dans le cadre d’un protocole médical structuré, adapté à la situation clinique, afin d’anticiper au plus tôt tout signe de décompensation.
Les données recueillies sont transmises à une plateforme sécurisée, où elles sont analysées selon un protocole prédéfini, par une équipe médicale.

En cas d’anomalie ou de signal d’alerte :

  • Le patient est contacté,
  • Un ajustement thérapeutique peut être proposé,
  • Une coordination est organisée avec le médecin traitant ou le cardiologue,
  • Une consultation ou une hospitalisation peut être programmée si nécessaire.

L’objectif est d’intervenir avant la dégradation aiguë.

Les bénéfices cliniques de la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque

La télésurveillance de l’insuffisance cardiaque permet :

  • De réduire les hospitalisations évitables,
  • De détecter plus tôt les épisodes de décompensation,
  • D’améliorer l’observance thérapeutique,
  • De renforcer le lien entre le patient et l’équipe soignante,
  • De sécuriser le maintien à domicile.

Elle transforme une logique de prise en charge réactive et centrée sur l’urgence en une approche proactive, continue et anticipative.

Source :
[1] PLOUX Sylvain et al, 2023, Remote management of worsening heart failure to avoid hospitalization in a real-world setting, ESC HEART FAILURE, 10, 3637–3645, DOI: 10.1002/ehf2.14553

Télésurveillance de l’insuffisance cardiaque : des résultats concrets, même en zones sous-dotées médicalement

Télésurveillance de l’insuffisance cardiaque : des résultats concrets, même en zones sous-dotées médicalement

Une étude clinique qui confirme l’impact du suivi à distance

À travers une étude menée sur plus de 1 000 patients, le Dr Jeremy Florence, cardiologue au CHU de Clermont-Ferrand et les équipes de cardiologie des CHU de Clermont-Ferrand et de Bordeaux, démontrent l’efficacité de la télésurveillance multiparamétrique dans la prise en charge de l’insuffisance cardiaque, y compris dans les zones où l’accès aux soins est limité.

Une réponse à un enjeu majeur de santé publique

L’insuffisance cardiaque est aujourd’hui l’une des premières causes d’hospitalisation en France, en particulier chez les patients âgés. Pourtant, une part importante de ces hospitalisations pourrait être évitée. « Le rationnel est assez simple : dans près de la moitié des cas, les hospitalisations sont évitables » explique Jeremy Florence.

En pratique, les décompensations cardiaques sont rarement brutales. Elles s’accompagnent de signes et symptômes d’apparition progressifs — prise de poids, essoufflement, fatigue, œdèmes — qui peuvent être détectés à distance. La détection précoce des épisodes d’aggravation permet d’intervenir à distance et d’éviter l’hospitalisation. « L’idée est de récupérer ces paramètres à distance pour prévenir les hospitalisations. Et quand on évite les hospitalisations, on évite aussi la mortalité. » précise Jeremy Florence.

Le choix d’une télésurveillance multiparamétrique via CareLine Solutions

Un élément clé de l’étude réside dans l’approche retenue. Contrairement aux modèles historiques centrés sur la mesure exclusive du poids, les équipes ont fait le choix d’une télésurveillance multiparamétrique. «L’insuffisance cardiaque est une pathologie très variable. On adapte la surveillance au profil de chaque patient. Poids, tension artérielle, fréquence cardiaque, saturation en oxygène, symptômes, données des prothèse cardiaques implantables quand elles sont disponibles : l’ensemble de ces données permet une vision plus fine de l’état clinique et une prise de décision plus précoce.» explique Jeremy Florence.

Dans cette étude, la télésurveillance multiparamétrique des patients était effectuée via la plateforme CareLine Solutions. Son utilisation s’inscrit dans une logique de continuité avec la pratique clinique.
Jeremy Florence : « C’est une solution qu’on utilise au quotidien, à Clermont-Ferrand comme à Bordeaux. Le gros point fort de cette solution, en plus d’être l’un des leaders du marché, c’est que les données ne sont pas déclaratives mais recueillies via des objets connectés et transmises sur une plateforme fiable totalement pensée pour la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque. De plus, c’est une télésurveillance multiparamétrique qui est personnalisable pour chaque patient : on va favoriser certains types d’objets connectés et certaines données à surveiller pour une certaine catégorie de patient. Grâce à ce suivi, adaptable à chaque patient, on passe d’un simple monitoring à un remote management c’est-à-dire une prise en charge holistique et multiparamétrique.» 

Un résultat clé : une efficacité maintenue en zones sous-dotées médicalement

L’étude Florence et al. 2026 a suivi une cohorte de 1 040 patients insuffisants cardiaques, sur une médiane de suivi de 20 mois via la plateforme CareLine Solutions.

Les résultats sont sans ambiguïté. Jeremy Florence : « On a observé des taux d’événements très bas :  7,1%/an pour les hospitalisations non programmées et 8,8 %/an de mortalité toute cause confondue. Ce niveau est nettement inférieur à ce qui est habituellement observé dans la littérature, plutôt autour de 20-30% par an. »

Mais le résultat le plus marquant concerne la dimension territoriale. Jeremy Florence : « Nous n’avons retrouvé aucune différence significative d’efficacité entre les patients en zones sous-dotées médicalement et ceux en zones normalement dotées. »

Un constat particulièrement fort, dans un contexte où ces patients présentent habituellement un risque plus élevé d’hospitalisation et de décès. Pour les équipes, l’interprétation est claire. « Nous montrons que la télésurveillance multiparamétrique peut être déployée dans les zones sous dotées médicalement même sans réseau de soins locaux bien définis et qu’elle est au moins aussi efficace que dans les zones normalement dotées. En cela, c’est véritablement un vecteur d’égalité d’accès aux soins de qualité » explique Jérémy Florence.

La télésurveillance apparaît ainsi comme un levier concret pour réduire les disparités territoriales et sécuriser le suivi des patients, indépendamment de leur lieu de résidence.

Un message clair : la télésurveillance multiparamétrique de l’insuffisance cardiaque est à déployer partout, particulièrement dans les zones sous-dotées médicalement

Au-delà des chiffres, le message porté par Jeremy Florence est clair : « La télésurveillance est indispensable pour le suivi des patients insuffisants cardiaques et peut être déployée partout y compris dans les zones sous-dotées médicalement. Elle permet de mieux connaître les patients, de comprendre leur mode de décompensation et de s’adapter au fil du temps. Ainsi, les événements majeurs tels que les hospitalisations non programmées et la mortalité sont diminués, la qualité de vie du patient est améliorée et les coûts pour le système de santé français réduits. »

Dans ce contexte, la télésurveillance ne se limite plus à un outil d’optimisation du suivi. Elle devient un levier pour garantir une continuité des soins, indépendamment de la densité médicale locale. Elle participe à une transformation plus profonde de la prise en charge : plus anticipative, plus personnalisée, mais aussi plus équitable sur le plan territorial.

Découvrir CareLine Solutions.

Suivi à distance des patients atteints d’insuffisance cardiaque dans les zones médicalement défavorisées

Suivi à distance des patients atteints d’insuffisance cardiaque dans les zones médicalement défavorisées

L’insuffisance cardiaque est une pathologie chronique à fort impact pour la vie des patients, associée à un risque élevé d’hospitalisation et de mortalité, particulièrement dans les zones médicalement sous-dotées où l’accès aux soins spécialisés est limité. Dans ce contexte, les programmes de prise en charge à distance (remote management, RM) suscitent un intérêt croissant comme levier d’amélioration du suivi et des résultats cliniques.

L’étude Florence et al. 2026, une étude multicentrique française publiée le 19 mars 2026 a évalué l’efficacité d’un programme de télésurveillance structuré (suivi multiparamétrique, réévaluation quotidienne et gestion des épisodes d’aggravation à distance) chez 1 040 patients insuffisants cardiaques, dont 32% résidaient en zones sous-dotées médicalement. L’étude reposait sur une collecte régulière, via CareLine Solutions de données cliniques (poids, pression artérielle, fréquence cardiaque), biologiques (BNP/NT-proBNP, fonction rénale, électrolytes), de symptômes et issues de dispositifs cardiaques implantables, avec analyse centralisée par une équipe spécialisée.

Sur un suivi médian de 20 mois, le taux combiné mortalité toutes causes + hospitalisations non programmées de 13,7 % par an – similaire à l’étude HERMeS – , était nettement inférieur aux 30–40 % d’hospitalisations rapportées dans des populations comparables hors programme de télésurveillance. Surtout, sur ce critère composite aucune différence significative n’a été observée entre les patients vivant en zones médicalement sous-dotées et ceux vivant hors de ces zones dès lors qu’ils bénéficient d’un même programme structuré de télésurveillance multiparamétrique via CareLine IC. Après ajustement sur les principaux facteurs pronostiques, la résidence en zone médicalement sous-dotée n’apparaissait pas comme un facteur associé au risque d’événement.

Ces résultats montrent que les bénéfices d’un programme de télésurveillance structuré et multiparamétrique sont observés malgré un déficit de relais médical de proximité, inhérent à ces territoires, et en dépit d’un traitement de fond initialement sous-optimal (les patients issus des zones médicalement sous-dotées présentaient en effet une moindre prescription des inhibiteurs du système rénine–angiotensine–aldostérone). La surveillance rapprochée, la détection précoce des signes de décompensation et la possibilité d’ajuster rapidement les traitements semblent compenser les limitations d’accès aux soins locaux.

Au-delà de la démonstration d’efficacité, cette étude met en évidence le potentiel des solutions de télésurveillance structurée et multiparamétrique pour réduire les disparité territoriales d’accès aux soins. En apportant une expertise spécialisée à distance, ces dispositifs contribuent à sécuriser le parcours de soins des patients les plus à risque, tout en limitant le recours aux hospitalisations.

Ainsi, la prise en charge à distance par la télésurveillance s’impose comme un modèle organisationnel pertinent pour la gestion de l’insuffisance cardiaque, avec des implications importantes en termes de santé publique, d’efficience du système de soins et d’équité d’accès aux traitements.

Auteurs : Jeremy Florence, Sylvain Ploux, Clément Riocreux, Daniel Ramirez, Solenn Toupin, Théo Pezel, Guillaume Clerfond, Romain Eschalier.

L’article complet est accessible ici 

Télésurveillance de l’insuffisance cardiaque : une prise en charge renforcée au CHU de Brest

Télésurveillance de l’insuffisance cardiaque : une prise en charge renforcée au CHU de Brest

L’insuffisance cardiaque est une pathologie chronique complexe, marquée par des phases de stabilité et des épisodes de décompensation parfois brutaux. Elle nécessite un suivi étroit, réactif et coordonné entre les différents professionnels de santé.

Au sein du CHU de Brest, le Professeur Mansourati travaille en collaboration avec le Dr Ombeline Paglia, cardiologue, et Véronique Page, infirmière en pratique avancée (IPA) spécialisée en insuffisance cardiaque, ils ont intégré depuis plusieurs années la télésurveillance dans leur organisation de soins. Elles mettent en lumière l’intérêt majeur de cette approche pour améliorer la prise en charge des patients au long cours.

Anticiper plutôt que subir les décompensations cardiaques

L’un des principaux bénéfices de la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque réside dans la capacité à détecter précocement les signes annonciateurs d’une décompensation. La prise de poids rapide, l’apparition d’une asthénie, une baisse de la tension artérielle ou encore des symptômes fonctionnels discrets peuvent être repérés avant que la situation ne devienne critique.

Grâce à un suivi quotidien des données transmises par les patients, l’équipe soignante dispose d’un « regard continu » sur l’évolution clinique. Comme l’explique Véronique Page : “ Les signaux sont parfois faibles, mais leur analyse dans le temps permet d’anticiper et d’agir plus tôt : adaptation des traitements à domicile, appel téléphonique pour évaluer la situation réelle du patient, ou organisation rapide d’une hospitalisation programmée lorsque cela est nécessaire.

Ombeline Paglia acquiesce : “Cette anticipation change profondément la trajectoire de soins : on évite d’attendre plusieurs semaines une aggravation majeure, et surtout, on limite le recours aux urgences. Les patients connus peuvent être admis directement en cardiologie, dans de meilleures conditions, à un stade plus précoce de la décompensation.

La télésurveillance du CHU de Brest est basée sur une organisation qui favorise l’orientation optimale du patient, en l’inscrivant dans un parcours de soins hospitalier plus fluide et efficace.

Un bénéfice clinique et organisationnel

La télésurveillance ne se résume pas à une simple collecte de données. Elle s’intègre dans une organisation structurée, reposant sur un rôle central : celui de l’infirmière (IDE, IPA ou ISPIC). Ombeline Paglia explique : “ À Brest, nous avons fait le choix que ce soit notre infirmière internalisée qui assure le télésuivi. Elle connaît les patients, leur histoire, leurs fragilités, mais aussi les médecins, les circuits d’hospitalisation et les ressources du territoire ce qui lui permet d’agir vite et de façon pertinente. Pour nous, c’est fondamental que ce soit une infirmière du service qui gère la télésurveillance des patients atteints d’insuffisance cardiaques.

Véronique Page explique son quotidien : “J’assure le tri, l’interprétation et la priorisation des alertes. J’évalue notamment leur pertinence, contacte le patient si besoin, renforce l’éducation thérapeutique et travaille en étroite collaboration avec les cardiologues pour la prise de décision. Cette proximité est essentielle : elle permet une réactivité accrue et une prise en charge réellement personnalisée, loin d’une gestion externalisée et standardisée des alertes.”

Du point de vue médical, cette organisation favorise une meilleure continuité des soins entre la ville et l’hôpital. Les échanges avec les médecins traitants, les infirmières libérales ou les autres IPA du territoire sont facilités. La télésurveillance devient alors un outil au service d’un parcours coordonné.

CareLine Solutions au coeur de la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque

Le CHU de Brest utilise parmi ses solutions la plateforme CareLine Solutions pour assurer la télésurveillance de ses patients atteints d’insuffisance cardiaque. La solution centralise, chaque jour, les données du patient (poids, symptômes, constantes..) et émet des alertes de manière structurée permettant d’identifier rapidement les situations à risque.

Pour Véronique Page, l’intérêt de Careline Solutions réside dans sa capacité à soutenir le travail clinique sans s’y substituer : « La plateforme nous aide à avoir une vision globale et à prioriser les alertes, mais elle ne remplace jamais l’analyse clinique ni l’échange téléphonique avec le patient. Les données prennent tout leur sens quand elles sont remises dans le contexte. »

La simplicité des objets connectés et des applicatifs proposés est également un atout majeur pour l’adhésion des patients. Les balances connectées, qui transmettent automatiquement les données sans manipulation complexe, facilitent l’utilisation au quotidien, en particulier chez les patients âgés ou peu à l’aise avec le numérique. Comme le souligne Ombeline Paglia : « Plus le dispositif est simple, plus les patients l’utilisent correctement. Pour certains, le fait de juste devoir monter sur une balance sans avoir à gérer une application est déterminant. »

À l’inverse, pour des patients plus à l’aise avec le numérique et qui comprennent bien leur maladie, l’utilisation du smartphone fourni par CareLine Solutions est tout à fait adaptée. “Il permet un suivi plus interactif et renforce l’implication du patient dans sa prise en charge.” précise Véronique Page.

Cette diversité de modalités d’équipements des patients constitue un véritable atout : elle permet d’adapter la solution au profil, aux capacités et aux préférences de chaque patient, condition essentielle à l’efficacité de la télésurveillance sur le long terme.

Une expérience rassurante pour les patients

Pour les patients, la télésurveillance apporte un sentiment de sécurité important. Savoir que leurs données sont suivies régulièrement, qu’un professionnel les connaît et les appellera en cas de problème, est particulièrement rassurant, notamment pour ceux qui vivent loin de l’hôpital ou qui ont déjà connu des hospitalisations répétées.

De nombreux patients deviennent plus acteurs de leur maladie : ils comprennent mieux les signes d’alerte, adhèrent davantage au traitement et aux règles hygiéno-diététiques, et s’inscrivent dans une relation de confiance avec l’équipe soignante. Cette relation humaine est primordiale ” souligne Véronique Page